L'interrogatoire du prisonnier

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L'interrogatoire du prisonnier.

© Collections La Contemporaine

Date de publication : juillet 2006

Contexte historique

La guerre : une réalité quotidienne
Quand la Première Guerre mondiale débute au milieu de l’été 1914, les belligérants s’accordent à penser qu’elle ne durera que quelques semaines. De son séjour de février 1917, ce peintre de l’intime, spécialiste des intérieurs bourgeois et des natures mortes, rapporte de nombreuses esquisses et tire une de ses œuvres les plus troublantes, L’interrogatoire du prisonnier.

Analyse des images

Une scène hors des combats
A cet endroit et à ce moment du conflit, sans grandes batailles, on peut supposer que le soldat allemand, amené par les deux chasseurs alpins pour être interrogé, a été fait prisonnier lors d’une escarmouche. Cette scène, atypique par son sujet, présente une composition centrée autour du personnage du prisonnier, figure hiératique perdue au milieu de la pièce, tout comme le poêle qui lui fait pendant. Tous deux de guingois, ces éléments se fondent dans les tons gris et bleus d’une pièce anonyme dont on perçoit nettement le caractère glacial. La verticalité nue des éléments au centre de l’image, renforcée par l’arrière-plan où le regard peine à s’accrocher, s’oppose brutalement à l’horizontalité du banc et de la table, au contraire surchargés. Le regard vide de l’Allemand, les objets difficiles à discerner disposés sur le banc, les visages presque effacés des soldats de garde, contrastent également avec la netteté des galons de l’officier français et la carte disposée devant lui, au premier plan. Le tableau symbolise ainsi la véritable frontière qui sépare, plus encore que des ennemis, soldats du rang et officiers.

Interprétation

La violence intime de la guerre totale
Né en 1868, Edouard Vuillard est trop âgé pour être incorporé en 1914. Au cours de l’année 1917, il prend pour la première fois intérêt à la guerre dans son œuvre. Il se rend à Gérardmer et peint la même année, une série de toiles pour Lazare Lévi, qui représentent son usine de munitions à Oullins. Le voyage dans les Vosges n’a permis à Vuillard que de peindre des bureaux militaires, quelques vues de Gérardmer et un abri sous la neige. En revanche, la scène de l’interrogatoire du prisonnier présentée ici, même éloignée des combats, suinte la violence : l’ombre du prisonnier qui se heurte à la porte infranchissable et le crochet qui pend du plafond soulignent la détermination de l’officier à obtenir des renseignements sur les forces ennemies pour préparer, qui sait, une nouvelle offensive. L’impuissance du prisonnier face à la machine militaire semble indiquer que ce dernier est le jouet des événements – ce qui a amené certains critiques de l’époque à considérer l’œuvre de Vuillard comme antimilitariste. C’est plus probablement la violence et la brutalité sous-jacentes de cette scène intimiste que le public a eu du mal à supporter.

  • armée
  • Guerre de 14-18
  • prison
  • représentation de l'ennemi

Bibliographie

Pierre VALLAUD, 14-18, la Première Guerre mondiale, tomes I et II, Paris, Fayard, 2004.Jean-Jacques BECKER et Serge BERSTEINVictoires et frustrationsParis, Seuil, 1990.Antoine SALOMON et Guy COGEVALVuillard.Le regard innombrableCatalogue critique des peintures et pastels, vol.III, Paris, Skira, 2003.

Pour citer cet article

Alexandre SUMPF, « L'interrogatoire du prisonnier »


Video: Seul two, Formule 1


Commentaires:

  1. Charlie

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